Malconnue des femmes, des mères et des médecins dans une société où les habitudes culturelles laissent encore à penser que les règles sont douloureuses, l'endométriose souffre : d'un retard de diagnostic de 7 à 12 ans, d'un spectre large de symptômes, et d'une prise en charge parfois approximative et souvent mal adaptée.

10–20% des femmes touchées
7–12 ans de retard de diagnostic
50% impact sur la fertilité

Son origine est encore délicate à déterminer. Ce dont on est certain aujourd'hui : l'endométriose est une pathologie inflammatoire caractérisée par la migration des cellules endométriales en dehors de la cavité utérine, devenant alors cellules endométriosiques.

Les origines de cet endomètre fantaisiste

Les causes sont multifactorielles :

Cinq symptômes à ne pas ignorer

Que vous soyez une patiente potentielle, un proche ou un soignant, ces cinq manifestations doivent vous interpeller :

  1. 01 Dysménorrhées — règles très douloureuses impactant la qualité de vie.
  2. 02 Dyspareunie — douleurs lors des rapports sexuels.
  3. 03 Dysurie — douleurs urinaires.
  4. 04 Dyschésie — difficulté et douleur à l'évacuation des selles.
  5. 05 Douleurs pelviennes chroniques — viscérales, musculo-squelettiques ou neurologiques.

À ceux-ci s'ajoutent la fatigue chronique et des symptômes variés selon chacune : douleurs de type sciatique, neuro-musculaires, troubles de l'humeur, état sub-dépressif ou dépressif.

La prise en charge : un diagnostic opérateur-dépendant

Face à ce tableau clinique, la prise en charge est variée et souvent corrélée à l'âge de la patiente. Elle va d'un traitement antalgique, hormonal à une prise en charge chirurgicale. Le diagnostic se fait par la clinique (symptômes et examen clinique avec toucher vaginal et rectal), bilan sanguin avec le marqueur CA125, échographie ou IRM.

En dehors de toute problématique de fertilité, l'objectif de la prise en charge est de bloquer les règles en privilégiant la réserve ovarienne. L'idée est que les femmes ne gèrent pas leur vie en fonction de l'endométriose, mais qu'elles gèrent leur traitement pour vivre leur vie — professionnelle, sexuelle, maternelle ou autre.

Le silence qui perdure

« Un corps que l'on n'écoute pas immédiatement ne se tait pas — il parle plus fort, plus longtemps, autrement. »

En écoutant les femmes, les spécialistes, et en observant la considération que notre société a eu et a encore pour la douleur des femmes, je suis touchée par le silence qui perdure. Le silence des femmes, de leurs mères, et celui de leurs corps.

Les douleurs de règles ont longtemps été considérées comme normales et restent encore aujourd'hui un sujet tabou. La légende racontée par les grands-mères disait qu'une fois entrées en maternité, les femmes seraient libérées de leurs douleurs — comme pour maintenir la fonction reproductrice et maternelle.

Et puis un jour, cette douleur cyclique et chronique devient légitime. Non pas parce qu'elle touche à la qualité de vie d'une femme, mais parce qu'elle empêche de devenir mère. Quand la fertilité est touchée, l'endométriose devient visible, sérieuse, légitime. Avant cela, elle est souvent relativisée, reportée, mise à distance. Comme si le corps des femmes devenait important au moment où il ne peut pas remplir une fonction attendue. Ce basculement dit quelque chose de profond sur notre manière de hiérarchiser les souffrances.

Le symptôme d'une négligence collective

En ce sens, je réalise — avec l'expérience de ma pratique, les lectures et les échanges — que cette pathologie strictement féminine est le symptôme de la négligence :

Quatre silences qui pèsent

Cette pathologie pèse d'autant plus parce qu'elle touche tout un écosystème : le système interne de la femme, le système famille, et le système sociétal.

Accompagner, c'est oser écouter autrement

Et c'est en ce sens où la prise en charge du corps est importante : accompagner l'endométriose, ce n'est pas seulement chercher à faire disparaître la douleur. C'est parfois changer de posture en osant écouter autrement, transmettre autrement, prendre soin de soi autrement.

C'est avec cette intention et cette attention que j'accompagne les femmes — pour ne plus détourner le regard de la douleur, du corps, de ce qui se répète.

« Le corps est la source de toutes les informations vitales qui ouvrent la voie à plus d'autonomie et de conscience de soi. »

— Alice Miller, Ce que votre corps dit de vous

La transmission comme point de départ

Je crois profondément que le point de départ est la transmission — c'est-à-dire l'éveil de nos filles. L'éveil lors de cette période sensible et fascinante du pré-partum, pour soutenir le passage serein et conscient de la fille à la femme.

C'est d'abord présenter à nos filles leur anatomie, cet intérieur subtil et fertile. Nous avons vu que l'endométriose part d'un dysfonctionnement mécanique puisque le sang menstruel remonte par les trompes au lieu de s'écouler par voie vaginale. Par cette transmission, on permet à nos filles d'intégrer un corps fonctionnel.

Et s'il n'y a pas eu de transmission, j'incite les patientes à aller questionner les femmes de leurs lignées pour construire leur arbre gynécologique — à savoir comment ces femmes sont entrées dans la sexualité et la maternité.

La pratique tissulaire

Dans ma pratique tissulaire, je m'attache à libérer le bassin, comprendre ce qui le contraint, le fige. J'aide les femmes à se reconnecter à cette zone parce que les douleurs décentrent, éteignent, répandent et fatiguent. J'ai préparé un audio dans ce sens — une consolidation à la manière d'une méditation centrée sur cette zone pelvienne pour faciliter l'intégration, la mise en corps d'une fonction altérée, d'une zone délaissée, d'un tonus modifié. L'idée est de vous aider à rencontrer votre bassin fertile, parce qu'un corps délié est un potentiel activé.

L'exercice physique et l'alimentation

Pour potentialiser cette prise en charge, l'exercice physique me semble primordial — même si au départ la fatigue vous le rendait impossible. On commence doucement, respectueusement, mais régulièrement. Cette activité est garante d'un juste tonus, d'une force retrouvée, d'une inversion des sécrétions hormonales (dans le cas de pathologie chronique, les hormones du stress sont supérieurement présentes — ici elles seront contrebalancées par celles du bien-être et antalgiques) et ainsi d'une confiance recouvrée.

Les électrodes urostim peuvent soutenir ce retour au tonus pelvien — vous pouvez en discuter avec votre généraliste ou gynécologue. L'alimentation est un pilier important, notamment pour lutter contre l'inflammation. Là encore, même si ça semble contraignant, c'est avant tout l'occasion de prendre soin de soi et d'augmenter son potentiel santé.

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Une tisane formulée spécifiquement pour soutenir le cycle féminin et apaiser l'inflammation pelvienne. Un allié doux et naturel à intégrer dans une routine de soin globale — en complément d'un suivi médical et ostéopathique.

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Le bassin, siège du Yin

Le bassin est en médecine chinoise le siège du Yin, l'essence vitale. Il est le réceptacle de notre fertilité et de notre ancrage énergétique. C'est en considérant cet aspect que j'accompagne les patientes endométriosiques — en les encourageant à dépasser cet envahissement pour répondre à l'invitation à oser être soi-même.

L'activation tissulaire de ce potentiel endormi et la reconnection à la subtilité du rythme cyclique du bassin sont un réel support de réconciliation, de réalisation de soi, de son potentiel et de ses ambitions.

Allez, OSEZ

Écoutez le tigre qui sommeille en vous. Il vous incite à vous connecter à votre essence vitale, celle qui fera de vous la meilleure version de vous-même.

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